Guitares saturées, batteries sèches, voix qui crachent ou qui glacent : cette rubrique rassemble les musiques nées de la rage et de la noirceur. Le punk a ouvert la voie à la fin des années 1970 en prouvant que trois accords et un local de répétition suffisaient à monter un groupe. Le post-punk, la no wave, la cold wave et la darkwave ont ensuite poussé plus loin l’expérimentation, avec des synthétiseurs froids, des basses en avant et une esthétique qui a marqué la mode, la photographie et le graphisme.
Le metal underground occupe une large place. Ici, pas de tournées des stades mais des groupes de heavy metal traditionnel, de black metal et de speed metal qui sortent leurs albums sur de petits labels, jouent dans des festivals confidentiels comme le Swordbrothers en Allemagne et entretiennent une scène fidèle depuis des décennies. Les chroniques d’albums et de concerts côtoient des portraits de groupes et des retours sur des disques oubliés. Certains de ces disques se vendent aujourd’hui à prix d’or, d’autres attendent encore qu’on les ressorte.
Ce qui relie ces courants, c’est une même façon de travailler : le fait-maison du hardcore, les fanzines photocopiés, les cassettes échangées par la poste, les concerts organisés par les groupes eux-mêmes. Les textes de cette rubrique s’intéressent autant aux disques qu’aux scènes qui les ont portés, et aux héritiers qui font vivre ces sons aujourd’hui, du shoegaze au goth rock. Pour qui découvre, c’est une porte d’entrée ; pour qui connaît déjà, une occasion de réécouter autrement.