Plongée dans la nuit : naissance d’un courant insaisissable
La darkwave n’est pas née dans les charts. Elle a éclos dans la pénombre, à la croisée des années 80, là où le post-punk se déchire, où la new wave s’acoquine avec les machines. Parce qu’en 1981, le monde musical tangue : la vague punk a laissé ses cicatrices, la synthpop s’épanche sur les dancefloors, mais une partie de la jeunesse aspire à autre chose. Plus mélancolique, plus introspective, plus obscur.
On parle alors de “Dark Wave” pour décrire ces groupes abandonnant la rage pour une noirceur élégiaque, privilégiant les nappes synthétiques et les textes hantés. Auscultons : Clan of Xymox (période 4AD), The Neon Judgement, Attrition, Dead Can Dance… Tous signés chez des labels qui tabassent la scène indépendante (4AD, Wax Trax!, Play It Again Sam).
Le terme “darkwave” apparaît pour la première fois en Allemagne – la référence à la “Neue Deutsche Welle” est évidente. Mais ici, règne le macabre raffiné, le romantisme blessé. En 1984, Zillo, zouzine allemande, classe déjà les pionniers sous ce drapeau noir. Depuis, la traînée s’est étendue : goth, coldwave, minimal wave, tout y passe, pourvu que la texture soit sombre, synthétique, vraie.